17.06.2006

La règle de St Benoît, un don et un outil

La Règle est un don et un outil.

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Comme pour les moines et moniales, la Règle, relecture de l’Evangile, va devenir notre manuel de vie spirituelle, une charte de spiritualité, un guide de conversion, un outil qui aide à répondre à un appel.
L’Evangile est Parole de Dieu. La Règle est outil, lieu d’une expérience (de saint Benoît en particulier) qui va devenir la nôtre . Elle n’est pas un recueil de choses à faire, à respecter comme elle pourrait nous apparaître au premier coup d’œil , elle est manuel de savoir vivre et, pour ceux qui la fréquentent régulièrement elle peut devenir un manuel de savoir être avec soi, avec les autres, avec Dieu.

Se mettre à l’écoute de la Règle, c’est jour après jour donner du sens à sa vie, c’est répondre quotidiennement à un appel. Aimer Dieu, aimer ses frères passe par des paroles mais aussi par des actes. C’est une pratique engagée et engageante.

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn3,16).
Dieu aime et donne. C’est un amour manifesté. L’Incarnation est cette manifestation d’amour qui culmine à la croix. Il n’y a pas d’autres chemins pour nous que celui-là : celui de l’amour qui se manifeste, qui agit.

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Je vous parle par expérience, mais bien d’autres parmi vous peuvent le dire, fréquenter la Règle, faire l’effort de la connaître, c’est petit à petit découvrir une façon d’être qui éclaire le quotidien. Au fil du temps, elle devient un repère qui nous unifie et une source de liberté.

Elle est aussi lieu de communion entre nous, fil invisible et exigeant, chemin en compagnie du Christ ici et maintenant. Que de courriels nous nous envoyons avec un petit passage de la Règle et son illustration dans notre quotidien ! « As-tu été voir aujourd’hui, ce que nous dit la Règle ? » ou « Tu me parles d’un choix difficile à faire…as-tu été voir dans le chapitre qui parle du discernement ? » etc….

Ce qui m’a toujours frappé en lisant la Règle, quelque soit le chapitre (à quelques exceptions près), tout comme lorsqu’on fait lectio d’ailleurs, c’est qu’il y a toujours une première lecture parfois déconcertante, incertaine, imperméable parfois, voire rebutante.
Le fond du message, je vais le découvrir dans une seconde, troisième, dixième lecture peut-être . Peu à peu, je vais le mettre en œuvre dans ma vie…et voir ce qui se passe. Quel changement !
Un Père cistercien, Guerric d’Igny écrit ceci : « Si vous ne vous appliquez point à l’Ecriture de manière à vous la rendre familière, quand croyez-vous qu’elle vous révélera ses lumières ? »( Guerric d’Igny –Pour la fête de la saint Benoît, Sermon 1.5)

Beaucoup de commentaires existent mais le meilleur exercice auquel vous puissiez vous livrer, c’est de faire le vôtre.

Prenez par exemple les chapitres 7 à 20 : à quelle heure lire l’office , combien on doit dire de psaumes, dans quel ordre, comment on doit se tenir etc…
Il n’y a pas pire à première vue pour se dire que cela ne nous concerne pas et même pour des moines, voilà bien une rigidité inconcevable en notre temps. Et pourtant…Que va-t-il se passer en ce qui concerne ma prière, si je ne me fixe pas une certaine régularité, une heure précise même, une organisation de lecture (liturgie des heures en lien avec l’Eglise par ex, chapitre de la Règle en suivant les jours qui correspondent en lien avec les monastères). Que va-t-il se passer si je prends ce temps donné à Dieu sans y mettre un peu les formes : un lieu, une attitude ?
St Bernard dans son sermon 5 sur la Dédicace (Sermon 5 dans les Sermons pour l’année), et là je m’inspire d’un texte de Frère Joël, prieur de Cîteaux, saint Bernard nous dit « qu’une communauté qui vit sans loi à observer, sans discipline et sans gouvernement n’est pas un peuple mais une foule, non pas une cité mais une confusion. C’est Babylone et non pas Jérusalem ». Cela n’empêche pas la convivialité et la vie fraternelle. Et nous repartirons avec le sentiment d’avoir avancé ensemble de quelques pas.

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Quand il a écrit sa règle, saint Benoît parlait d’expérience. Expérience si chère aux cisterciens. Saint Benoît connaissait bien l’homme et ses faiblesses. Il savait qu’il a besoin d’un cadre, qu’il a besoin d’accepter avec humilité et obéissance la nécessité d’une Règle de vie. Tout comme pour conduire, même si nous sommes prudents, respectueux des autres, nous avons besoin d’un code de la route, d’une référence commune.


Citation du recueil de méditations de la Règle de St Benoît (RB) par des laïcs cisterciens

Commentaires

votre site est toujours aussi beau.
merci pour cette lumière.
amicalement.
laura
(lesbrigadesdivines)

Ecrit par : laura | 20.06.2006

merci Laura pour ce mot. J'ai hate de vous retrouver sur votre site qui n'est pas mal non plus.
Manu

Ecrit par : manu | 20.06.2006

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