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21.06.2006

La guerre contre soi même

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La guerre la plus dure c'est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer.

J'ai mené cette guerre pendant des années, elle a a été terrible. Mais je suis désarmé. Je n'ai plus peur de rien, car l'amour chasse la peur.

Je suis désarmé de la volonté d'avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres, je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.

J'accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idees, à mes projets. Si l'on m'en presente de meilleurs, ou plutot non, pas meilleurs, mais bons, j'accepte sans regret. J'ai renoncé au comparatif.

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Ce qui est bon, vrai, réél est toujours pour moi le meilleur. C'est pourquoi je n'ai plus peur. Quand on n'a plus rien, on n'a plus peur.

Si l'on se désarme, si l'on se dépossède, si l'on s'ouvre au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors Lui efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible.


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Athenagore, (1886- 1972), Patriarche oecumenique de Constantinople, prelat orthodoxe (site de citations "one little angel")

17.06.2006

La règle de St Benoît, un don et un outil

La Règle est un don et un outil.

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Comme pour les moines et moniales, la Règle, relecture de l’Evangile, va devenir notre manuel de vie spirituelle, une charte de spiritualité, un guide de conversion, un outil qui aide à répondre à un appel.
L’Evangile est Parole de Dieu. La Règle est outil, lieu d’une expérience (de saint Benoît en particulier) qui va devenir la nôtre . Elle n’est pas un recueil de choses à faire, à respecter comme elle pourrait nous apparaître au premier coup d’œil , elle est manuel de savoir vivre et, pour ceux qui la fréquentent régulièrement elle peut devenir un manuel de savoir être avec soi, avec les autres, avec Dieu.

Se mettre à l’écoute de la Règle, c’est jour après jour donner du sens à sa vie, c’est répondre quotidiennement à un appel. Aimer Dieu, aimer ses frères passe par des paroles mais aussi par des actes. C’est une pratique engagée et engageante.

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn3,16).
Dieu aime et donne. C’est un amour manifesté. L’Incarnation est cette manifestation d’amour qui culmine à la croix. Il n’y a pas d’autres chemins pour nous que celui-là : celui de l’amour qui se manifeste, qui agit.

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Je vous parle par expérience, mais bien d’autres parmi vous peuvent le dire, fréquenter la Règle, faire l’effort de la connaître, c’est petit à petit découvrir une façon d’être qui éclaire le quotidien. Au fil du temps, elle devient un repère qui nous unifie et une source de liberté.

Elle est aussi lieu de communion entre nous, fil invisible et exigeant, chemin en compagnie du Christ ici et maintenant. Que de courriels nous nous envoyons avec un petit passage de la Règle et son illustration dans notre quotidien ! « As-tu été voir aujourd’hui, ce que nous dit la Règle ? » ou « Tu me parles d’un choix difficile à faire…as-tu été voir dans le chapitre qui parle du discernement ? » etc….

Ce qui m’a toujours frappé en lisant la Règle, quelque soit le chapitre (à quelques exceptions près), tout comme lorsqu’on fait lectio d’ailleurs, c’est qu’il y a toujours une première lecture parfois déconcertante, incertaine, imperméable parfois, voire rebutante.
Le fond du message, je vais le découvrir dans une seconde, troisième, dixième lecture peut-être . Peu à peu, je vais le mettre en œuvre dans ma vie…et voir ce qui se passe. Quel changement !
Un Père cistercien, Guerric d’Igny écrit ceci : « Si vous ne vous appliquez point à l’Ecriture de manière à vous la rendre familière, quand croyez-vous qu’elle vous révélera ses lumières ? »( Guerric d’Igny –Pour la fête de la saint Benoît, Sermon 1.5)

Beaucoup de commentaires existent mais le meilleur exercice auquel vous puissiez vous livrer, c’est de faire le vôtre.

Prenez par exemple les chapitres 7 à 20 : à quelle heure lire l’office , combien on doit dire de psaumes, dans quel ordre, comment on doit se tenir etc…
Il n’y a pas pire à première vue pour se dire que cela ne nous concerne pas et même pour des moines, voilà bien une rigidité inconcevable en notre temps. Et pourtant…Que va-t-il se passer en ce qui concerne ma prière, si je ne me fixe pas une certaine régularité, une heure précise même, une organisation de lecture (liturgie des heures en lien avec l’Eglise par ex, chapitre de la Règle en suivant les jours qui correspondent en lien avec les monastères). Que va-t-il se passer si je prends ce temps donné à Dieu sans y mettre un peu les formes : un lieu, une attitude ?
St Bernard dans son sermon 5 sur la Dédicace (Sermon 5 dans les Sermons pour l’année), et là je m’inspire d’un texte de Frère Joël, prieur de Cîteaux, saint Bernard nous dit « qu’une communauté qui vit sans loi à observer, sans discipline et sans gouvernement n’est pas un peuple mais une foule, non pas une cité mais une confusion. C’est Babylone et non pas Jérusalem ». Cela n’empêche pas la convivialité et la vie fraternelle. Et nous repartirons avec le sentiment d’avoir avancé ensemble de quelques pas.

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Quand il a écrit sa règle, saint Benoît parlait d’expérience. Expérience si chère aux cisterciens. Saint Benoît connaissait bien l’homme et ses faiblesses. Il savait qu’il a besoin d’un cadre, qu’il a besoin d’accepter avec humilité et obéissance la nécessité d’une Règle de vie. Tout comme pour conduire, même si nous sommes prudents, respectueux des autres, nous avons besoin d’un code de la route, d’une référence commune.


Citation du recueil de méditations de la Règle de St Benoît (RB) par des laïcs cisterciens

12.06.2006

le martyr de la charité

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Le témoignage de Jésus jusqu'à la mort, son "martyre" est martyre d'amour, de l'amour pour l'homme, pour tous les hommes.

Hélas ! nous avons tous assez vécu pour savoir qu'il nous est impossible de tout faire par amour, donc de prétendre que notre vie soit un témoignage d'amour, un "martyre" de l'amour.
D'expérience, nous savons que les petits gestes coûtent souvent beaucoup, surtout quand il faut les répéter chaque jour. Laver les pieds de ses frères le Jeudi Saint, passe encore, mais s'il fallait le faire quotidiennement ? et au tout venant ?

Nous avons donné notre coeur "en gros" à Dieu et cela nous coûte fort qu'il nous le prenne au détail.

Prendre un tablier comme Jésus, cela peut être aussi grave et solennel que le don de la vie...et vice versa, donner sa vie peut être aussi simple que de prendre un tablier.


Père Christian de Chergé, prieur de Tibhirine (Algérie. Martyr le 21 mai 1996). Jeudi Saint 31 mars 1994.

Entre tes mains, Seigneur

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"Toi qui pleures mon ami
Ramasse ton coeur
Prends ma misère
ELEVE à 2 mains
Ton cri

Toi qui souffres mon ami
Rassemble ta chair
Saisis ta croix
Donne à 2 mains
Ton corps

Toi qui meurs mon ami
Recueille ta nuit
Lâche tout
LIVRE à 2 mains
Ton souffle

Toi qui chantes mon ami
Oh de tout coeur
MERCI".



Extrait de "Aime jusqu'au bout du feu" (poèmes de Frère Christophe moine trappiste martyr de Tibhirine (Algérie. 21 mai 1996).

08.06.2006

Beauté des expériences spirituelles

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Le monde tel qu'il est vécu lors des expériences paroxystiques est uniquement perçu comme beau, bon, désirables, digne d'intérêt, etc.. et n'est jamais vécu comme mauvais ou indésirable.

Le monde est accepté. Les individus disent alors qu'ils le comprennent.

D'une certaine manière ils sont réconciliés avec le mal, ce qui est du plus grand intérêt dans une perspective de comparaison avec la pensée religieuse.

Le mal lui même est compris et accepté et perçu à sa juste place au sein du tout comme en en faisant partie intégrante, comme étant inévitable...


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Abraham Maslow in "l'accomplissement de soi. De la motivation à la plénitude". Ed Eyrolles 2005

"Lorsque le seul outil à votre disposition est un marteau, tous les problèmes ont tendance à ressembler à des clous."

05.06.2006

Sociologie de l'expérience intérieure

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Quels sont les caractères habituels de l'expérience de Dieu ?

1. L'expérience de Dieu est passive
C'est-à-dire que ce n'est pas le sujet qui en a l'initiative et pourrait à son gré la renouveler, la provoquer, la conditionner, la déclencher ; il peut seulement la favoriser par le silence, le solitude, l'ascèse, mais elle garde toujours, même renouvelée, un caractère inattendu et imprévisible.

2. L'expérience de Dieu est passagère
C'est-à-dire qu'elle n'est pas un état permanent, mais est constituée par des moments privilégiés.

3. L'expérience de Dieu est rétrospective
C'est-à-dire qu'elle n'est généralement reconnue comme telle qu'au passé : on en a rarement conscience au moment où elle est vécue.

4. L'expérience de Dieu est personnelle
C'est-à-dire qu'elle est dans une certaine mesure incommunicable, d'où la difficulté d'en témoigner, à cause de son caractère « subjectif ». On peut même affirmer que dans une certaine mesure l'expérience est confidentielle. Il ne faut pas chercher à imiter l'expérience de l'autre, mais être attentif à l'expérience que Dieu propose sinon cette expérience serait artificielle.

5. L'expérience de Dieu est communautaire
Chacun a besoin de confronter sa propre expérience à l'expérience de l'autre ; car notre propre expérience risque toujours d'être sujette à l'illusion puisque nous sommes juge et partie, tandis que nous pouvons apprécier assez objectivement l'authenticité de l'expérience d'autrui. Ebloui par sa propre expérience on risque de n'attribuer de valeur qu'à ce dont on a fait l'expérience sans tenir suffisamment compte de l'expérience des autres : c'est là le danger de l'hérésie : son intuition juste mais partielle rend sa théologie partiale et condamnable.

6. L'expérience de Dieu est communicative
Quoique incommunicable, l'expérience de Dieu est contagieuse, « épidémique » : la paix, la joie, la certitude qu'elle procure tendent à se diffuser comme le Bien lui-même.

7. L'expérience de Dieu est gratuite
C'est-à-dire qu'on ne la « mérite » pas, elle n'appartient pas à celui qui en bénéficie, elle est un bien d'Église, un trésor de la communauté des saints.

8. L'expérience de Dieu est exigeante
Non seulement elle n'est pas un privilège pour le sujet, mais elle lui impose de témoigner : sa vie, même silencieuse, doit être désormais « parole de Dieu ».

9. L'expérience de Dieu est convergente
C'est-à-dire que les différentes expériences personnelles, quoique incommunicables et indépendantes, « disent la même chose » (il faut néanmoins vérifier s'il n'y a pas influence et si certaines expériences ne sont pas « préfabriquées » à partir de lectures d'expériences antérieures).

10. L'expérience de Dieu est indirecte
C'est-à-dire que l'homme saisit non pas Dieu en lui-même, mais se saisit en relation avec lui.

11. L'expérience de Dieu est théophanique
Par elle Dieu se manifeste à l'homme, mais il faut rappeler que toute révélation exige de celui qui la perçoit un regard attentif et un cœur disponible.

12. L'expérience de Dieu est humaine
C'est-à-dire que l'expérience divine se fait par le truchement de l'expérience humaine, s'enracine dans le donné des conditionnements. Ce dernier caractère mérite qu'on s'y arrête car l'expérience de Dieu est généralement saisie à travers les événements quotidiens et les déterminismes d'une destinée.

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Texte de Michel Van Aerde (dominicain);
Université dominicaine de théologie sur Internet

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