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28.07.2006
L'expérience mystique cistercienne
Plus riche qu'est la réalité révélée objective, plus profonde et transformante aussi en sera l'expérience subjective. C'est dangereux d'oublier que la morale a besoin du dogme, et que la spiritualité (existentia fidei) a besoin de la théologie (inteligentia fidei). Puis, la mystique n'est-elle pas la fleur de la vérité révélée, qui elle-même est la racine de la mystique?
Pendant tout le XIIème siècle, le siècle de Cîteaux, il régnait un équilibre exemplaire entre l'aspect objectif et l'aspect subjectif de la mystique chrétienne. La révélation n'était pas considérée comme une série de vérités, extérieures à la personne, mais comme une vie qui transformait et remplissait la personne, parce qu'elle touchait les désirs les plus profonds du coeur humain. L'expérience personnelle restait toujours soumise à l'objectivité du donné révélé : Suis l'avis de la foi et non celui de ta propre expérience, car c'est seulement par la foi que tu peux atteindre ce qui est au-dessus de la raison (Bernard, Quad 5,5 ; SC 76,6). La mystique est ainsi une réalité de la grâce, qui accompagne toute la vie du croyant, et le transforme de lumière en clarté, et de braise en feu.
L'expérience est une notion fondamentale dans la doctrine des premiers cisterciens ; et la raison est très simple : toute leur spiritualité est basée sur l'amour. Il n'est donc pas rare qu'ils nous invitent à elle et la désirent ardemment.
L'emploi plus fréquent du terme et l'expérience spirituelle plus courante, dans la doctrine de Bernard et d'Elrède, consiste dans l'expérience de la recherche et du progrès spirituel, expérience de l'amour dans le chemin vers Dieu à travers différents étapes et grades. Cette expérience de l'amour, dans sa manifestation la plus claire et forte, consiste dans le consentement libre à la volonté divine : Cherche le Verbe afin de consentir, c'est lui qui te donne la grâce de consentir (Bernard, SC 85,1).
C'est clair que nos Pères n'ignorent pas l'expérience proprement mystique, même s'ils n'en distinguent pas toujours le caractère plus ou moins extraordinaire. Ils emploient une grande variété de termes et de symboles pour en parler : repos, sabbat, extase, visites, baisers, embrassements union, élévation, oisiveté, mariage, unité d'esprit, déification
Pour nos auteurs, l'expérience ascétique et l'expérience mystique sont deux réalités conjointes dans un seul procès surnaturel vers Dieu.
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Lettre de Dom Bernardo OLIVERA, abbé général des cisterciens trappistes (ocso) en janvier 1999
17:25 Publié dans textes cisterciens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Christianisme, âme
















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