08.04.2007

Contemplation pascale

Apprends-nous donc de ton Cœur
Ce chemin vers les profondeurs,
Apprends-nous donc l’intercession,
Où ta miséricorde se fait passion.

C’est par les psaumes ou par le Rosaire,
Que Tu creuses en nous ton sanctuaire,
Nous imprégnant de ce parfum
Qui nous presse d’être importun.

Et c’est bien là ce que Tu veux
Que notre Amour brûle audacieux
Pour tous les hommes dans la peine,
Demandant pour eux qu’on les soutienne.

Apprends-nous donc la Lectio,
Où l’Ecriture devient dépôt,
Si nous venons à Toi en petit enfant
Heureux d’être pour Toi un confident.

Que ton Esprit nous fasse connaître
Les profondeurs qui nous font naîtrent,
C’est par la connaissance de ce que nous sommes
Que ton salut se déploie et se consomme.

Apprends-nous aussi cette méditation
Qui nous enracine dans ta Passion
Et par les fruits de ta résurrection
Nous confond d’Amour pour ton Nom.

Apprends-nous aussi l’Oraison,
Ce temps gratuit et d’abandon,
Où devant le Saint Sacrement,
Les mots sortent tendrement.

C’est par une attention amoureuse,
C’est dans une pudeur précieuse,
Que l’âme pénètre en ton intimité
Se découvrant enfant pardonné.

Murmurant ta Parole
Elle trouve sa joie et s’envole,
Plus elle se fait pauvre et solitaire,
Plus Tu l’embrases et Tu la serres.

Apprends-nous vraiment cette solitude,
Où l’âme se garde de toute servitude,
fuyant les consolations de ce monde
Pour être unie à Toi et devenir féconde.

Apprends-nous ainsi ces moments précieux
Où l’on se retire pour être tout à Dieu,
Ces moments-là sont nécessaires
Pour être partout ton sanctuaire.

Mets en notre cœur ta douceur,
Enivre-nous du brasier de ton Cœur,
Revenant à nous-même nous pourrons témoigner
De l’infinie fécondité de ton Cœur Sacré.

Apprends-nous aussi à nous contenter
De la moindre miette donnée,
Nous profiterons des opportunités
Pour venir auprès de Toi quêter.

Nous nous retirerons dans le secret
Et trouvant notre joie dans cette intimité,
Nous ouvrirons pour Toi ce trésor caché :
Ta Parole de Vie qui vient nous abreuver.

Tu ne repousses pas un cœur embrasé,
C’est ta miséricorde que nous venons quêter,
Mets en notre cœur cette pauvreté
Qui sait auprès de Toi venir frapper.

Ouvre nos yeux sur tes saints,
Sur les préférés d’entre les tiens,
Qui pour Toi ont tout laissé
Afin de te suivre et de tout gagner.

Il y a ceux qui t’ont suivie
Par leur obéissance en cette vie,
Il y a ceux qui ont intercédé
Puisant en Toi la force d’aimer.

Mais quel que soit leur choix sur cette étroite voie,
De ta miséricorde ils ont connu la loi,
De façon telle que maintenant au ciel
Ils sont pour nous un solide archipel.

Et toi Marie servante du Seigneur,
De la miséricorde tu es la demeure,
Ne l’as-tu pas neuf mois durant portée,
N’en as-tu pas été toute imprégnée ?

La miséricorde à épousée ta chair
Et en a fait une demeure exemplaire,
Toute ta vie a été exaltée
Ton ardent désir a été récompensé.

Et maintenant notre âme assoiffée,
Sait vraiment où venir puiser,
Tu ne peux refuser ton aide toute puissante
Aux âmes qui vers toi se tournent suppliantes.

Mais il nous faut venir puiser
A cette source de ton Cœur Sacré,
Pour ne pas être une citerne fêlée,
Une terre qui s’ignore aveugle et desséchée.

Car Tu nous demandes quelque soit le lieu
De venir prier dans la crainte de Dieu,
Par la psalmodie ou par le Rosaire
De venir puiser une eau salutaire.

Apprends-moi donc cette vigilance,
Sobre et éveillée dans l’espérance,
Pour arriver à prier en tout temps
Jusqu’au Jour de l’éternel printemps.


Texte préparé par frère Philippe, moine de l'abbaye de Cîteaux (cistercien trappiste)

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